Aucun commentaire | Le 14 mars 2011
dans la thématique environnement
Toute sa vie , la peinture de Victor GALOS a dégagé une quiétude, un charme, une lumière, qui est un éloge de la beauté de la nature et de la montagne, de ses Pyrénées. Ce paysagiste palois, « véritable portraitiste du Béarn et de la Bigorre », un peu ignoré du reste du monde a pratiqué une peinture qui reflète ostensiblement les tendances réalistes, voire naturalistes de son époque, tout en exprimant un sentiment impressionniste de la lumière. L’école de Barbizon l’avait inspiré, les Pyrénées ont fait le reste.
Aujourd’hui à partir de tableau et de sa bergère, partons à la rencontre d’une agriculture un peu particulière qui est celle de la montagne. Alors à quoi pense cette bergère peinte par Victor Gallos ? Est elle en train de compter ses moutons au risque de s’endormir ? Pense t elle à ses retrouvailles du soir avec sa famille ou son amoureux ? Est elle juste en train de contempler les montagnes en face d’elle et de ses moutons ? Ou de penser à la prochaine transhumance…La transhumance c’est « la poursuite de l’herbe ».
D’abord en été , avec la montée aux alpages puis retour vers le mois d’octobre et retour vers les plaines plus tempérées. Les bovins rejoignent la moyenne montagne (1 500 à 2 500 m), les ovins montent plus haut, car la pente leur fait moins peur. On pourrait dire que ce sont comme des grandes vacances pour tous ces animaux : de l’air frais, de l’herbe tendre, de l’eau pure, des espaces de liberté, pas de clôture…
Une amie me racontait qu’elle avait assisté à l’arrivée des vaches après une longue marche vers la montagne. Leurs veaux - eux - étaient venus par camions car le voyage était trop long pour leurs petites pattes. Il paraît que les retrouvailles ont été extraordinaires : des beuglements à faire bouger la montagne, des bourrades quand la mère ne reconnaît pas son petit ou des léchouilles quand c’est l’inverse.
La transhumance c’est intéressant pour plein d’autres raisons : c’est aussi l’occasion de fêtes tout au long de la marche des animaux et donc de liens avec le territoire. Et puis, on dit que c’est aussi un moyen pour maintenir une certaine biodiversité : les animaux portent dans leur toison, sous leurs sabots des graines ou des spores, quelles emmènent de la plaine vers des hauteurs auxquels ils n’auraient jamais pu accéder autrement. En Suisse par exemple, pour garder la transhumance, le lait est payé 15 centimes de plus le litre.
Si on revient à notre bergère, peut-être pense t elle aux caractéristiques de l’agriculture de montagne : en premier lieu, le relief et le climat dessinent depuis longtemps une agriculture extensive et orientée vers les productions de qualité. En même temps, du point de vue technique et financier, les agriculteurs de montagne ne luttent pas à armes égales. Le climat et la pente sont générateurs de surcoûts importants : en prenant l’exemple de la construction des étables laitières, c’est 30 % de coût supplémentaire de l’investissement agricole en montagne par rapport à la plaine. Ces surcoûts demeurent imparfaitement compensés : le revenu moyen d’un hectare agricole en zone de montagne est de 30 % inférieur à celui d’un hectare en zone de plaine.
En règle générale et en conclusion, l’agriculture de montagne ne peut rivaliser avec l’agriculture de plaine. Cependant, le maintien d’une agriculture de montagne est important si l’on veut préserver les paysages et les opportunités de loisirs ou encore sauvegarde l’identité culturelle régionale. Continuons à l’aider pour qu’elle subsiste.
Une vidéo issue de la chaîne Terres d’Infos :
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